Au milieu des années 30, le fonctionnalisme européen propose une approche de l’architecture caractérisée par des formes aux allures de boîte, des feuilles de verre, des surfaces planes et une croyance en la primauté de l’utilité et de la fonction dans un design global.

Le Mouvement Moderne, dont Le Corbusier est l’un des porte-parole et qui promeut un mode de pensée rationaliste, prend son essor. Tous ceux qui, en France, pensent que la modernité et la nécessité d’une large diffusion passent par une utilisation intelligente et rationnelle des matériaux et des moyens de l’industrie, se regroupent en 1929 au sein de l’Union des Artistes Modernes (UAM). Mais rares sont ceux en son sein qui, comme Jean Prouvé, vont jusqu’au bout de la réflexion sur la production de série, en adoptant le métal comme matériau de base d’une maison et en imaginant que celle-ci pourrait être fabriquée comme on fabrique une automobile.

Ce nouveau style fonctionnaliste, auquel on se réfère sous l’appellation de « style international », s’épanouit des années 20 aux années 80 et voit architectes et designers mettre en valeur les volumes par des surfaces extérieures lisses et sans ornementation. Ils souhaitent appliquer le principe de régularité et utiliser pour cela toutes les possibilités offertes par les nouveaux matériaux en architecture : le béton, l’acier et le verre.

Les premières réalisations emblématiques du style international aux États-Unis sont celles de Ludwig Mies van der Rohe à Chicago, le Centre technique de General Motors de Eero Saarinen à Detroit, le Seagram Building du même Ludwig Mies van der Rohe et la Lever House de Skidmore, Owings & Merrill à New York.

Légende : siège de General Motors à Détroit, dessiné par Eero Saarinen

 

Au lendemain de la crise de 1929, les industriels américains prennent conscience de l’importance de l’esthétique dans le succès commercial des produits de grande consommation. Les premières grandes agences d’esthétique industrielle voient le jour.

Après la Seconde Guerre mondiale, certains designers s’emparent des nouvelles possibilités offertes par les matériaux issus de recherches technologiques comme le polystyrène, le vinyle, le Plexiglas, le polyéthylène, le polyester armé de fibre de verre, le polyuréthane.  Ainsi, le Danois Verner Panton reprend-il à la fin des années 50 l’idée du siège Zig Zag imaginé avant-guerre par Gerrit Rietveld dans une version tubulaire, puis proposé dans un assemblage de planches de bois épaisses. Panton utilise les techniques de moulage de matériaux de synthèse ABS (acrylonitrile-butadiène-styrène) pour obtenir une forme nappée unique, faisant office d’assise et de piètement, et d’une extrême fluidité.

Légende : la chaise Zig-Zag de Gerrit Rietveld revisitée par Verner Panton

 

C’est également le cas de Charles Eames renouvelant le fauteuil club anglais avec sa Lounge Chair composée de coques en contreplaqué moulé dans les trois dimensions (1956), et d’Eero Saarinen et sa célèbre chaise tulipe (1956) éditée chez Knoll.

L’après-guerre a ouvert aux designers de nouvelles voies d’expérimentation et d’action. Matériaux, technolologies, habitudes de consommation, tout change et les objets de la vie quotidienne deviennent peu à peu des produits culturels, c’est-à-dire aussi beaux que fonctionnels.

 

SIGNATURE-ARTICLE-AUTEURS A propos de l’auteur

Isabelle de Maison Rouge

Historienne de l’art, curatrice indépendante et artiste chercheur
Membre de l’équipe Art&Flux et fondatrice de MATCHART www.matchart.net et de A&U www.artandyou.org

 

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