C’est avec l’apparition extrêmement rapide des métropoles au XIXème siècle qui fut celui d’une croissance urbaine sans commune mesure en Europe, et la série d’inventions qui accompagne cette phase fulgurante d’avènement de la Révolution Industrielle, que la publicité de seconde génération émerge véritablement comme un champ autonome, avec son incroyable capacité d’activation de nouveaux imaginaires en pleine effervescence urbaine.

Dans la grande métropole, l’invention de l’électricité révolutionne la vie urbaine, favorise l’apparition des enseignes lumineuses fascinantes surtout le soir et la nuit, elle accompagne la création de ces nouveaux « organes urbains » que furent les grands magasins (dont le Bon Marché d’Aristide Boucicaut), rappelle l’historienne Françoise Choay.

La production industrielle d’objets en masse, l’apparition de la photographie répliquant les situations comme les choses, en série, l’émergence de firmes et d’entreprises privées s’affranchissant pour une grande partie des pouvoirs publics, signent quelques unes des caractéristiques de ce capitalisme urbain. Il faut désormais vendre, convaincre, faire acheter, beaucoup et partout.

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Time Square 1913, © Internet Archive Book Images, via Wikimedia Commons

De célébration ou de contestation, la publicité se découvre un registre désormais aussi et surtout nettement plus commercial. Mais, dans la société industrielle, les moyens de communication se limitent encore au télégraphe ; le téléphone et la radio viendront plus tard, en leur temps.

La ville constitue à cette date-là l’espace par excellence où va se déployer, non sans une réelle ingéniosité, la publicité, alimentant tout un imaginaire, celui des « réclames » autant que de la modernité que celles-ci peuvent porter.

A propos de l’auteur Marc Dumont
Professeur en Urbanisme et Aménagement de l’Espace à l’Université Lille 1
Chercheur au laboratoire TVES et Co-rédacteur de la revue EspacesTemps.net