Arseni Pyjenkov alias Pokras Lampas est un calligrapheur russe de 23 ans. Pour la plupart d’entre nous son nom est strictement inconnu. Pourtant, ce jeune prodige originaire de la banlieue de Moscou, résidant et travaillant à Saint-Pétersbourg, est en passe de devenir une icône du street-art actuel. Récemment consacré « héros de la nouvelle Russie » par le blogueur Youri Doud, le jeune Pokras Lampas a accordé une interview à Afisha Daily parlant de son travail et des master classes qu’il enseigne, de sa vision du monde, des particularités du street-art russe, de son évolution etc.

 

Pour celles et ceux qui doutent encore du fait que le street art est la prolongation logique des arts modernes et contemporains, toute la rédaction de Dehooors vous invite à jeter un œil au travail de Arseni Pyjenkov alias Pokras Lampas.

Ce qui est certain, c’est que le jeune calligraphe connait déjà un franc succès : début mars 2018, il repeint le tunnel reliant la gare de Koursk au centre commercial Atrium ; quand on connait la réticence que peuvent avoir les autorités russes à l’égard de l’art de rue, on imagine aisément le succès que doit avoir l’artiste dans son pays natal.

Pokras Lampas n’en est pas moins un artiste inspiré. Il parle aisément de ses inspirations, venant majoritairement de l’avant-garde russe, allant du Carré noir sur fond blanc de Malevitch aux citations de Maïakovski ou encore Kandinsky, reprises dans ses travaux.

L’avant-garde russe est un terme générique désignant un large courant très influent d’art moderne qui est apparu en Russie, plus précisément dans l’Empire Russe et en Union Soviétique, allant de 1890 à 1930. Le terme regroupe une nébuleuse de mouvements artistiques émergeant au cours de cette époque, distincts mais souvent inextricablement associés comme le symbolisme, le néoprimitivisme, le rayonnisme, le suprémacisme, le constructivisme et le futurisme.

Selon Lampas, le street art russe apparait donc comme « l’un des plus sauvages au monde » car moins organisé et souvent plus instinctif que ce qui se fait à l’échelle mondiale. Il apparait que les artistes sibériens sont totalement dans cette démarche.

Pourtant l’artiste ne tombe pas dans la démagogie mais souligne les bienfaits de la collaboration commerciale pour les artistes : sans ces collaborations, nombre d’artistes ne pourraient vivre de leur art, plus encore, une partie de leur notoriété vient de ces accords qui mettent en avant leurs œuvres aux yeux du public.

Sources : https://www.lecourrierderussie.com/culture/2018/03/street-art-heritage-avant-garde/

(Visited 7 time, 1 visit today)