Les villes mondiales sont les héritières de ce que Fernand Braudel (1985) avait identifié comme des « villes-monde ». L’historien utilisait cette terminologie en vue de préciser à quel point certaines villes du Moyen Âge représentaient des carrefours où hommes, informations, marchandises, capitaux ainsi que crédits et lettres de change transitaient pour former un espace économiquement autonome et structuré par des échanges conférant une certaine unité à un ensemble géographique.

Les progrès de la navigation maritime aux XIVe et XVe siècles ont en effet repoussé les limites du monde connu et ont permis l’émergence d’une économie-monde d’ampleur planétaire : Venise par exemple exploitait les ressources de la Méditerranée, de la Baltique et de l’Océan Indien.

 

Légende : Le pont du Rialto, cœur économique de la Sérénissime, par Carpaccio à la fin du XVème siècle

Séville et Gênes correspondaient à des carrefours où se croisent hommes, marchandises, capitaux et informations (récits des voyageurs sur les autres villes du monde et diffusion des cours des marchandises par les marchands itinérants). Amsterdam, Bruges, puis Londres, aux XVIIe et XVIIIe siècles ont installé des réseaux marchands en Inde, en Afrique et aux Amériques.

 

Légende : Le siège de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales à Amsterdam en 1655

 

Mais le destin d’une ville mondiale n’est pas figé une fois pour toutes. Si l’on s’arrête sur le cas de la Sérénissime Venise, son déclin économique s’explique par un déplacement du commerce maritime de la Méditerranée vers l’Atlantique à partir du XVIIe siècle, sans compter le coup de grâce donné par Napoléon Bonaparte en 1797.

A propos des auteurs

SIGNATURE-ARTICLE-AUTEURS-HERVE-MARCHAL Hervé Marchal
Sociologue de la ville, du périurbain, identité du citadin et fragmentations socio-territoriales
Maître de conférences-HDR à l’Université de Lorraine, laboratoire de recherche 2L2S
SIGNATURE-ARTICLE-AUTEURS-JEAN-MARC-STEBE Jean-Marc Stébé
Sociologue de la ville, du périurbain, identité du citadin et fragmentations socio-territoriales
Professeur de sociologie à l’Université de Lorraine, laboratoire de recherche 2L2S