On en a déjà parlé, le 13e  arrondissement parisien fait partie des grands représentants du street art de la capitale, à la même enseigne que nombre de ses homologues nordistes, j’ai nommé les très célèbres 18e et le 20e arrondissements. Cette fois-ci, allons faire un tour non pas du côté du Quai de la Gare et des Olympiades mais à la Butte-aux-Cailles, un coin aux airs bien plus « bobo » que populaire mais tout aussi représentatif. C’est justement sur les hauteurs de la « Butte » que Cécile Fara et Julie Marangé, deux étudiantes parisiennes organisent chaque week-end un tour intitulé « Street Art & Feminism » – « Street-Art et Féminisme », rassemblant une petite foule autour des deux jeunes femmes, qui dispensent le tout en anglais « only ».

 

Si la visite guidée se déroule dans une ambiance détendue, le ton est vite donné par les organisatrices : « On ne parle pas de féminisme mais bien de féminismes, au pluriel », précise Julie Marangé après avoir cité la définition du Larousse, que toutes deux considèrent comme particulièrement incomplète ; pas d’ambiguïtés donc.

La première étape de la visite explore donc deux face d’une même lutte, à savoir la libération des femmes. D’un côté de la rue, une œuvre de Miss-Tic, artiste emblématique du street-art dans le 13ème arrondissement et plus particulièrement de la Butte-aux-Cailles. La mention « Souriez vous êtes vivants » est accompagné d’un pochoir représentant une femme en robe rouge moulante et aux longs cheveux noirs, symbole de la féminité dite « occidentale ». En face, un autocollant de son pendant parodique, Mass-Toc, représentant une femme visiblement grosse, fière d’exhiber ses formes.

 

Tout le tour sera composé de différents exemples artistiques qui apporteront les fondations et exemples des explications, analyse et anecdotes contées par le duo, abordant stéréotypes, plaisir féminin, pornographie et autres sujets à tout va.

Âgées de 22 ans, les deux entrepreneures ont étudié les « Gender Studies » (études de genre) en Angleterre avant de revenir s’installer à Paris. De retour dans la capitale, elles regrettent de ne pas retrouver la même effusion féministe d’outre-Manche et ne s’engagent dans aucune association. Elles préfèrent monter leur propre projet.

« Notre but maintenant est de créer une start-up appelée ‘Cécile & Julie’ qui proposerait différentes activités autour du féminisme », s’enthousiasme Cécile Fara. Leur objectif à terme est de « démystifier le féminisme »  et le rendre « sexy »aux yeux de l’opinion publique.