Une chose qu’on n’imagine pas spontanément, quand on connait l’attachement des Américains pour la voiture, c’est que Los Angeles avait le plus grand réseau de transports intra-urbains aux Etats-Unis jusque dans les années 1950, date à laquelle les voitures ont pris le dessus dans l’espace public. Au début du XXe siècle, par exemple, le réseau de trolley s’étalait sur 2816 km jusqu’en 1963.

Depuis plus de quarante ans, le bus et les transports collectifs sont associés aux populations à revenus modestes, mais Conan Cheung, du Los Angeles Metropolitan Transportation Authority a imaginé une étude pour redéployer le réseau de bus de Los Angeles.

Tout partait du constat suivant : seulement 7 % des résidents de Los Angeles occupent 80 % des trajets en bus.

Cette étude menée par Nextgen, a consisté en une enquête auprès de la population de la ville, afin d’analyser leurs besoins. Que manquait- il aux usagers pour qu’ils s’approprient à nouveau ce mode de transport. Les résultats sont ceux qu’on peut trouver dans toutes les villes où les transports publics sont délaissés : un désir de bus plus rapides, plus fréquents, et, pour le cas de Los Angeles, plus sûrs.

L’agence Nextgen a alors utilisé la datalocalisation de 5 millions de téléphones pour être en mesure de répondre à la question cruciale : « comment se déplacent-ils ? »

En ont découlé des infos sur les heures de rush et les pics de trafic, le sens des déplacements (où l’on s’aperçoit que les flux ne se font pas uniquement des zones habitées vers les lieux de travail mais que des micro-flux font interférence), et aussi la longueur des trajets (66 % des trajets font plus de 16 km).

L’enjeu fondamental, s’après Cheung, était alors le suivant : comment attirer ceux qui ont le choix de prendre ou non le bus ? En un mot, comment premiumiser le réseau de transport ? C’est là qu’ont démarré la conception des deux lignes Silver et Orange du Bus à Haut Niveau de Service à Los Angeles, déployant des fonctionnalités technologiques et plus d’accessibilité.

Tenant compte des nouveaux flux de déplacements, des nouveaux usages, rapides et connectées, ces lignes accompagnent l’évolution des tendances et redonnent au transport un souffle inédit. D’autres villes dans le monde, telles Montréal, Sidney, Bangkok, Nagoya, et de nombreuses villes en France telles que Lille, Lyon, La Rochelle, Toulouse, etc. en sont dotées.

Disposant d’un couloir spécial, la ligne Orange transporte ainsi désormais 20 000 personnes chaque jour de semaine. 2300 bus circulent à Los Angeles chaque jour pour l’ensemble du réseau de 165 lignes.

 

 

Illustration de couve Steve Hymon (c) 

Source Wired