Dans 10 ans, 20 ans, 30 ans, ou peut-être plus encore, certains d’entre nous se souviendront de l’image de la flêche de la cathédrale Notre-Dame basculant et disparaissant dans les flammes. Notre-Dame, c’est une partie de nous tous, de notre histoire et de notre imaginaire. Les passionnés d’Histoire y voient l’épopée des compagnons maçons, les Chrétiens y voient un lieu spirituel et de recueillement abritant de nombreuses reliques, les passionnés d’Art y voient une toile de Buffet ou de David, les littéraires y voient le roman de Victor Hugo, les architectes y voient une prouesse de l’édification au vu des techniques de l’époque, les hommes d’Etat y voient un lieu de mémoire et d’obsèques nationales. Pour l’architecte Rudy Ricciotti, elle cumule différents niveaux de lecture.

Elle est l’arquétype du lieu public, jusque dans notre imaginaire. Tellement ancrée en nous qu’elle habite une part de notre inconscient collectif. C’est pour ça qu’elle nous concerne tous, à des degrés divers. C’est pour ça qu’on a tous le sentiment d’avoir vécu quelque chose d’historique, qu’il y aura un avant et un après, et qu’elle modifie notre perception du paysage urbain, et la place qu’elle occupe dans ce même paysage.

Erigée durant presque deux siècles, depuis l’an 1163, elle a traversé les guerres de religions, la Révolution, la Commune de Paris, et la Deuxième Guerre mondiale sans accroc majeur, ce qui relève du miracle ! Certes, elle a été restaurée à plusieurs reprises, par Viollet-le-Duc entre autres, au XIXe siècle. Mais certains des bois qui composaient sa « Forêt », cette partie ancienne de la charpente, dataient du IXe siècle et avaient séché durant trois siècles.

Pas étonnant alors, qu’on se soit subitement rappelé tout ce qu’elle nous appartient, et tout ce qu’elle nous importe.

En attendant sa reconstruction, il est possible de la visiter virtuellement grâce à cette promenade en réalité virtuelle ici 

 

crédits photos  (c) André Sérikoff